Une voix au fond de moi
"Ne le dis à personne
Tais-toi. Garde ça pour toi
T'as pas envie qu'les autres se moquent
C'est intime, ça n'est qu'à toi
D'ailleurs nul n'est au courant
Chacun son jardin secret
Si tu le dis c'est dégradant
Il faut savoir être discret
Comme les copains mater les filles
Et faire ce qu'on attend de toi
Tes parents sont fiers que tu te maries
C'est pas compliqué tu vois."
Facile de taire qui on est
Rester vaincu par la honte
Oublier ses rêves et la fierté
D'exister dans ce monde
Une autre voix têtue celle-là
A marre de subir cette violence
De ne pouvoir être moi-même
Veut mettre fin à cette souffrance
Et dire que c'est les hommes que j'aime.
Poème gay de Cyrille, 34 ans
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Cet homme me sourit
Comment expliquer
Que je ne suis pas comme ça,
Tel que l'on m'a rêvé ?
Comment exprimer
Cette différence qui est là,
Et que l'on voudrait me voir refouler ?
Aujourd'hui mon cœur de verre
Est fendu de toutes parts ;
Le moindre souffle d'air
Le ferait s'envoler en éclats
Son sein presque brisé
En lui retient encore
Le souffle tiède presque éteint
Qu'il m'a offert la première fois
Un ruban de velours,
Rouge de ma passion,
Mince mais pourtant tenant,
Enserre mon cœur, en retenant les fragments.
Autour de moi la terre asséchée
S'abreuve du sang qui coule
Des mes ailes blanches de liberté
Qui désormais ne me portent plus
Les chaînes rouillées de ces valeurs,
Vétustes et enracinées,
Mordent mon esprit et mon corps,
Scellées par cette serrure
Dont la clef est tenue éloignée
De la portée de ma volonté blessée.
Eparpillés aux quatre vents,
Je vois les morceaux,
Ceux des visages de porcelaine
De ceux qui par la peur ont été détruits,
Dont les larmes aujourd'hui me font vaciller
Les feuilles mortes du désespoir
Emplissent la rue mon désir
Et la pluie froide du Jamais Plus
Traverse mon manteau de papier
Le rosier immaculé grimpe,
Les roses d'influences et prêcheuses
Déchirant ma peau deviennent rouges,
Epuisant peu à peu sang et amour,
Puis se fanent dans un soupir victorieux
Les entraves des idées
Me tiennent éloigné de lui,
Mais de même m'y rattachent tant et plus
Je soupire enfin, et je sais,
Le lien de notre idylle n'est pas flétri
Vous qui dites vouloir mon bonheur,
Qui vous cachez derrière des masques,
Ecoutez la complainte chantée par mon cœur :
« Une félicité telle que celle-ci
Ne pourra pas être surpassée ;
Je veux simplement être près de lui
Je veux juste être avec lui
Je veux encore pouvoir
L'embrasser sous la pluie
Surprendre son sourire dans mon miroir
Et sentir sur ses épaules
Son manteau trop grand pour moi
Etre dans ses bras est une volupté,
Lui parler me charme,
Etre contre lui m'enchante,
Et plus que son souffle rien ne peut m'apporter de chaleur.
Son corps est ma demeure,
Ses lèvres mon plaisir,
Son être la moitié de mon cœur
L'Amour n'a pas de sexe
Et n'a aucune règle,
Il frappe comme un traître,
Sans demande et sans accord
Cet homme me sourit
Et celui que je suis se donne à lui,
Alors laissez-le m'aimer ;
Vos paroles peuvent s'envoler,
Mais laissez-moi l'aimer.
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